Le Lynx Boréal

                 Lynx boreal

Réintroduit par les Suisses dans les années 80, le lynx a étendu son domaine à l'ensemble des Montagnes du Jura. Le Jura représente le noyau principal de population avec 85 à 100 individus.

Dans le Jura, le lynx a reconstitué un noyau de population qui semble pérenne, et il est devenu avec le Grand Tétras un des indicateurs de qualité des forêts et parfois le symbole d'une volonté de réparer les dégâts environnementaux. Il affectionne particulièrement les lisières de forêt qui lui permettent de se déplacer discrètement. Les plus chanceux le verront peut-être traverser le lac de Vouglans à la nage...

Le Lynx Boréal est un prédateur solitaire, actif du crépuscule au lever du soleil. Le territoire du mâle recouvre celui d'une ou plusieurs femelles. Le lynx mâle est intolérant envers les autres mâles traversant son territoire, mais ce sont les femelles qui restent les plus vindicatives entre elles. Les territoires comportent cependant des « zones neutres » où il est possible de circuler sans qu’il y ait affrontement : il s'agit fréquemment des limites du territoire.
Chaque adulte a un territoire de 11 à 300 km2, selon l'abondance des proies ; lorsqu'elles sont rares le lynx doit patrouiller des zones plus vastes pour se trouver à manger. Une formule permettant de calculer la densité de Lynx Boréal pour 100 km2 en fonction de la biomasse d'ongulés a été proposée à partir de l’analyse de territoires de lynx de différents pays occupés, mais elle reste incertaine étant donné la variété des méthodes de comptage.

En 2009, le Lynx Boréal en France a été placé dans la catégorie « espèce en danger » par l'IUCN. En France, le Lynx Boréal bénéficie d'une protection totale depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux mammifères protégés sur l'ensemble du territoire. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Le faucon pelerin

Le Faucon Pèlerin

Ce chasseur d'oiseaux hors pair qui peut atteindre des vitesses de 200 km/h en piqué est très présent dans le Jura et tout particulièrement dans la reculée de Baume les Messieurs. Des efforts de sauvegarde de l'espèce ont permis à ce rapace de recoloniser ces terres.

Chez la sous-espèce nominale Falco peregrinus, le dos est gris foncé, le ventre est crème avec des dessins noirs. Les joues sont blanches, avec une sorte de tache noire en forme de moustache. Les pattes sont jaunes, le bec est noir-bleuté, court et recourbé dès la base et les yeux sont noirs.

Le Faucon Pèlerin est un animal plutôt silencieux. Son cri le plus fréquent est un « ka yak, ka yak » assez perçant et sec. En cas d'alerte, le cri est un rapide « kek-kek-kek » qui peut aller en s'amplifiant si un intrus continue de s'approcher. Il existe aussi un cri plus traînant au moment des parades d'accouplement. On dit que le faucon huit ou qu'il réclame.

Les yeux des Faucons Pèlerins ont deux fovéas, pour les vues normale et lointaine. La vue utilise la moitié du volume du cerveau et peut percevoir en même temps trois zones, une frontale en relief et deux latérales lointaines, capables de détecter un pigeon en vol à plus de six kilomètres.

Le Faucon Pèlerin chasse presque exclusivement des oiseaux. Il les repère en volant haut dans le ciel, parfois aussi en se perchant sur des falaises en hauteur. La chasse a souvent lieu en début ou en fin de journée. Après avoir repéré sa proie grâce à son regard extrêmement perçant, le faucon la surprend généralement en effectuant une attaque en piqué. Celle-ci n'est jamais totalement verticale, mais conserve généralement un angle de 20 à 40°. L'attaque se fait par l'arrière de la proie, afin de réduire le risque pour le faucon d'être repéré.

Les proies sont essentiellement des oiseaux de taille moyenne, aux alentours de 1 à 2 kg (mouettes, corbeaux, canards, chouettes, pigeons...). Cependant, du fait de sa robustesse, le faucon pèlerin n'hésite pas à s'attaquer à nettement plus gros, par exemple des hérons et des oies sauvages.

Le Chamois

Un territoire immense, des kilomètres de falaises sauvages et inaccessibles, les chamois du Jura sont gâtés. Au hasard d'une promenade, il arrive que l'on aperçoive les silhouettes plus ou moins furtives de rapides chamois. La chance aidant, le spectacle offert par ces animaux agiles pourra se prolonger.

UN CORPS ADAPTÉ À LA MONTAGNE

Même s'ils descendent relativement bas, les chamois affectionnent les rochers où leurs petits seront plus en sécurité. Quatre pattes agiles facilitent leurs déplacements et leur corps est adapté à la vie montagnarde. Pour les efforts en altitude, le sang qui coule dans leurs veines est particulièrement riche en globules rouges qui augmentent les facultés d'oxygénation. Pour affronter les frimas, le pelage devient plus épais et plus sombre dès la fin de l'été afin d'optimiser l'absorption des rayons du soleil.

Quand ils auront plus d'un an, les chevreaux qui naissent dès le mois de mai deviendront des « éterlous », s'ils sont mâles, et des « éterles », s'ils sont femelles. À l'âge adulte, ils seront boucs ou chèvres et pourront espérer vivre jusqu'à 25 ans. La distinction entre les deux sexes n'est pas toujours évidente. La chèvre est plus légère que le bouc d'une dizaine de kg et en général le crochet de ses cornes est moins recourbé. Sur les trophées, celles-ci permettent de déterminer l'âge car la croissance des cornes s'interrompt en hiver et laisse la trace d'un sillon.

Les chamois des Alpes ont colonisé le Jura par la Suisse au début des années 70.

UN RÉGIME ALIMENTAIRE À BASE DE PLANTES

Ils aiment les plantes herbacées qu’ils trouvent dans leurs biotopes. Grâce à un étalement de la germination dans le temps, la nourriture est disponible longtemps. Elle est très riche en matières nutritives, de plus ils ne consomment parfois qu’une partie de la plante. Ils mangent principalement les graminées et les fleurs telles les iris, les jonquilles, et les gentianes. Quelques fois, ils peuvent aussi manger du feuillage, des arbustes, voire des baies.

Les chamois ne boivent presque jamais d’eau. Ils la trouvent en grande quantité dans les plantes qu’ils ingurgitent. Quelques fois à la fin des poursuites du rut ou en été par grande chaleur, les boucs mangent de la neige. Les chamois évitent d’instinct les zones exposées au soleil, ce qui réduit les pertes en eau, et leur permet de trouver leurs plantes préférées.

UNE VIE SOCIALE BIEN REMPLIE

Les chamois sont généralement considérés comme des animaux diurnes, mais on pense aujourd’hui qu’ils peuvent aussi être actifs de nuit. Il est malheureusement difficile de les observer dans l’obscurité ! Ils passent près de la moitié de leur temps à se nourrir. Un quart du temps est consacré au repos, durant lequel s’effectue la rumination. Ils consacrent également un certain temps aux déplacement. Le reste de la journée ils surveillent les environs et entretiennent les relations sociales, et les jeunes jouent. Leur journée consiste en une alternance de phase d’activité et de repos, de durée variable. Les membres d’une harde ne s’adonnent que rarement tous en même temps à une activité, mais on peut observer une tendance sur la harde.

Les saisons influent sur ce rythme. En été et automne, les chamois ont tendance à s’alimenter en début et fin de journée, typiquement de 6 à 12 heures et de 14 à 18 heures, encadrant ainsi une phase de repos. C’est à cette période qu’ils passent le moins de temps à s’alimenter, et on pensent qu’ils se nourrissent aussi la nuit. En hiver, ils se nourrissent généralement trois fois. Au printemps, amaigris, ils se nourrissent presque tout le jour.

Ceci est valable pour les cabris, les éterles et les femelles et partiellement pour les éterlous. Les mâles adultes, au printemps et surtout en automne, lors du rut, passent énormément de temps dans les interactions sociales et l’observation, au détriment de l’alimentation.

LA GENTIANE

Gentiane est le nom commun d'espèces appartenant au genre Gentiana ou Gentianella, de la famille des gentianacées (Gentianaceae). Les gentianes appartiennent avant tout au monde sauvage, mais certaines espèces sont cultivées pour leurs fleurs en forme de trompette qui sont le plus souvent d'une couleur bleue inimitable. D'autres espèces de plus grande taille ont des fleurs de couleur jaune.

Beaucoup de Gentianes sont protégées dans de nombreuses régions de France : leur cueillette et leur arrachage sont interdits.

On l'utilise dans l'industrie des arômes. La Gentiane est aussi intéressante en cosmétique. Certaines espèces ont des propriétés médicinales, par exemple les racines de la Grande Gentiane (Gentiana lutea), macérées et/ou distillées, sont utilisées dans la fabrication de liqueurs ou d'apéritifs, comme par exemple la « Suze ». Les racines sont également employées pour la préparation d'eaux-de-vie. La racine de la Gentiane est employée depuis l'antiquité pour ses vertus apéritives, digestives et toniques. Elle est utilisée en phytothérapie en application externe et elle agit localement.

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Date de dernière mise à jour : 07/01/2015