Histoire du Village

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FAY-EN-MONTAGNE (39)

 

Carte de Fay (Cassini : XVIIIe siècle)

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  • Le mot fay signifiait hêtraie en ancien français et est issu du bas latin fagetu(m) « hêtraie », de fagus, hêtre suivi du suffixe -etu(m), servant à désigner un ensemble d'arbres appartenant à la même espèce.

  • Ce village aurait été ainsi nommé soit parce que cet arbre croît en grande quantité dans le pays, ou qu'un fagus y aurait été consacré à Jupiter. La feuille du hêtre servait à orner les autels de ce dieu dans les grandes solennités. 

 

Extrait du Dictionnaire GEOGRAPHIQUE, HISTORIQUE et STATISTIQUE des communes de la Franche-Comté de A. ROUSSET Tome III (1854)

 

Situation : Le village (Fay, Faia , Faëta) est situé sur le premier plateau du Mont-Jura, contre le revers septentrional d'une éminence , dans une position agréable.

Village de l'arrondissement et du canton de Poligny, perception de Crotenay, distribution de poste de Mirebel ; succursale ; à 15 km. de Poligny, 23 de Lons-le- Saunier et 24 d'Arbois.

 

Altitude 530 m.

Le territoire est limité au nord par le Fied ; au sud par La Marre et les Faisses ; à l'est par Picarreau et à l'ouest par la Doye.

Il est traversé par le chemin de grande communication n° 8 , de Bletterans à Champagnole ; par les chemins vicinaux tirant à Poligny, aux Faisses, à Lamare et à Picarreau.

Les maisons sont généralement groupées, construites en pierre, couvertes en laves et composées d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée.

 

Population : en 1790, 202 habitants, les habitants n'émigrent pas.

Tableau population de fay

(En 2014 : 80 habitants : les «Montis-Fagussins».)

 

État-Civil : les plus anciens registres de l’état civil remontent à 1700.

 

Cadastre : exécuté en 1836 ; 626 Ha 25, divisés en 1238 parcelles que possèdent 188 propriétaires, dont 122 forains ; surface imposable, 617 Ha 49 a, savoir : 476 Ha en terres labourables, 119 en pâtures, 9 en bois, 8 en broussailles.

Le sol présente quelques accidents de terrain assez prononcés. La terre végétale repose sur le roc vif ou sur une marne très compacte. On récolte dans la commune du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des pommes de terre, peu de légumes secs, de chanvre et de fruits, du foin et des fourrages artificiels.

On y élève quelques chevaux, des bêtes à cornes, des volailles, et on y engraisse quelques porcs. 15 ruches d'abeilles. L’agriculture y est en progrès.

Le produit des céréales suffit à la consommation des habitants. On importe le vin.

 

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Poligny, de Champagnole et de Lons-le-Saunier. Ils jouissent presque tous d'une grande aisance.

On trouve sur le territoire de la marne, qu'on a le tort de ne pas employer à l'amendement des terres, des carrières de pierre à bâtir et de taille, exploitées. Cette pierre imite parfaitement celle de Crançot.

Il y a deux fromageries, dans lesquelles on fabrique annuellement 25 000 kg de fromage, façon Gruyère.

Les patentables sont : un marchand de grains, un cordonnier, un mercier et un quincaillier.

Biens communaux : une église et un cimetière à l'entour ; un presbytère convenable, contigu au cimetière ; une maison commune construite en 1845, qui a coûté 11 000 francs (soit 33 000 € actuels) ; elle renferme la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 56 garçons et 17 filles; une place publique, 5 puits, 5 citernes et 115 Ha 17 a de pâtures.

Bois communaux : 116 Ha 07 a, coupe annuelle 5 Ha 48 a.

Budget : recettes ordinaires 2281 fr. (soit 6 500 € actuels)

 

NOTICE HISTORIQUE

La voie romaine de Lyon à Besançon, avec embranchement sur Salins, passait entre Fay et La Marre, dans les contrées dites la grande vie, la vie, ou le chemin Saunier.

On a trouvé à La Marre, sur le bord de cette route, quarante-cinq médailles romaines. Entre Picarreau et le camp de Sermus*, on a recueilli un grand nombre de monnaies gauloises. Une vigie ou station fortifiée pour la défense de celte route existait à Fay, dans le lieu dit au Châtelet.

A la Fillette, au Plaigneau, on rencontre souvent des débris de constructions romaines. Nous avons reconnu un puits antique en partie comblé, dans le champ appelé au Poinu.

Un chemin très ancien, de Château-Chalon à Nozeroy, passait à Fay, dans le lieu dit la vie des Ânes.

Un voile épais couvre l'histoire de ce village jusqu'au XIIe siècle. Le premier titre qui le mentionne, est un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, du 19 septembre 1165 , par lequel ce souverain confirme à l'abbaye de Château- Chalon l'église de Fay, le tiers du village et les trois corvées de l'ermite Guy. Une bulle du pape Luce, de l'an 1184, en faveur du même monastère, lui confirme de nouveau l'église de Fay, avec l'ermitage de M. Guy.

 

Seigneurie : Fay dépendait en toute justice, haute, moyenne et basse, de la seigneurie de Mirebel.

Prévôté : Le village était administré par un prévôt héréditaire qui en portait le nom. Etienne de Fay, Stephanus de Fayâ, avait donné un four à l'abbaye de Rosières , parce que son frère, dit d'Antioche, y avait été admis comme moine. Gaucher, sire de Salins, confirma cette donation par une charte de l'an 1187.

Ermitage de Saint-Guy ou de Saint-Fort : Sur les débris d'une villa romaine, dans un terrain appelé à la Fillette, où la tradition place un ancien couvent, s'élevait un ermitage, dont il ne reste plus de vestiges. Il en est fait mention dans la bulle de l'an 1184, déjà citée, comme d'un édifice encore existant. L'historien

Chevalier prétend que Guy, abbé de Baume et de Gigny, de 927 à 937, neveu du B. Bernon , fondateur de Cluny, quitta ses abbayes pour se faire ermite à Fay, qu'il y mourut en odeur de sainteté et y fut honoré sous le nom de Saint-Fort, parce qu'on l'invoquait pour le rétablissement des forces du corps.

Cet auteur ajoute que son tombeau se voit dans un oratoire, au côté droit de l'église ; qu'il est élevé de terre d'environ un pied et demi, et environné d'une balustrade en bois ; que ce tombeau ayant été ouvert pour la première fois en 1716, par ordre de l'archevêque de Besançon, on y trouva un corps sans aucun dérangement, déposé en un cercueil creusé dans le roc, fermé par des tablettes de pierres bien taillées, jointes et cimentées, et recouvert de trois pieds de terre, avec une pierre tumulaire superposée. Il affirme avoir lu sur cette pierre les mots suivants, d'une inscription mutilée, en caractères du Xe siècle : "Hic fuit in mundo ce leber.... virtutibus ornatus et ir radiatus.... invictus vitiorum reputit ictus.... presbyter

Bernonis Clun....animam creatore suo." (traduction partielle : "Il était dans le monde .... .......... ces vertus et .......... radiants .... invincibles coups vice d'honorabilité .... .......................... .... l'âme de leur créateur."

 

M. Gaspard, le savant auteur de l'histoire de Gigny n'hésite pas à croire que le culte de saint Guy ou Saint Fort, à Fay, se rapporte à saint Wit, martyrisé en Calabre, dans le premier siècle, dont l'église fait la fête le 15 juin, et dont le corps fut apporté d'Italie en France dans le XIIIe siècle, ainsi que la pierre sur laquelle il reçut la couronne du martyre. Cette pierre existe, dit-on, dans l'église de Mouthier-en-Bresse, placée en effet sous le vocable de saint Wit. Le même auteur ajoute que de nos jours, non seulement ou y porte comme à Fay, les enfants faibles ou malades, mais on y conduit encore les paralytiques, qui étendent sur cette pierre noire leurs membres perclus, dans l'espoir que le mouvement s'y rétablira par l'intercession du saint martyr. A Cluny, selon M. Lorain, il y avait aussi à la porte d'entrée de l'église, une table de pierre sur laquelle les mères et les nourrices apportaient les enfants, afin de les empêcher de pleurer. Elles nommaient cette table, table de saint Criard.

M. l'abbé Richard, dans son histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, partage l'opinion de M. Gaspard, et affirme que c'est Saint Wit qui est

honoré à Fay. M. Monnier pense que c'est l'abbé Guy qui y est honoré, sous le nom de Saint Fort. Au milieu de ces opinions, toutes différentes et cependant toutes respectables, il est difficile de dire quelle est la meilleure. Nous penchons toutefois pour celle de Chevalier. Il est incontestable qu'il y a eu à Fay un ermitage ; que cette retraite a été habitée par un ermite du nom de Guy ; que la tombe de ce saint personnage repose dans l'église ; que le curé du lieu, suivant un usage immémorial, a toujours fait l'office de ce saint, le 17 juin, sous le nom de Saint Guy ou Widon ; que c'est sur la tombe de Saint Guy, surnommé par le peuple Saint Fort, que les malades priaient pour obtenir leur guérison. L'ermite Guy est-il le même que Guy, abbé de Baume et de Gigny ? Le fait est possible, probable même, mais il n'est pas certain.

 

Eglise : L'église est située sur une éminence, à l'extrémité sud-est du village. Elle est orientée et dédiée aux Saints Féréol et Ferjeux , dont on célèbre la fête le 16 juin. Elle se compose d'un clocher, d'une nef, d'un chœur, d'un sanctuaire de forme rectangulaire, d'une chapelle à droite de la nef et d'une sacristie.

L'édifice a été réparé en 1758, aux frais de M. Jousserandot, curé de la paroisse. Le clocher porte le millésime de 1812. Le chœur et la nef sont garnis de stalles et décorés de pilastres de l'ordre composite.

On y remarque deux bas-reliefs sculptés sur bois, représentant le Christ après sa mort et descendu de la croix. La chapelle renferme le tombeau de Saint Guy. Le corps du saint repose dans un tombeau en maçonnerie, recouvert de dalles. On rapporte qu'en 1832, M. Bondier, alors curé de Fay, assisté de plusieurs de ses paroissiens, ayant ouvert ce tombeau, y trouva une bouteille renfermant du vin d'une limpidité extraordinaire. Ayant voulu toucher au corps du saint pour en détacher un os, qui devait être mis dans un reliquaire, et exposé à la vénération des fidèles, toutes les personnes présentes furent entourées d'une épaisse fumée qui s'échappait du cadavre. La frayeur que cet événement inspira, fit renoncer à l'entreprise.

 

Pèlerinage : Le pèlerinage à Saint- Fort était célèbre au moyen-âge. On s'y rendait de fort loin. Les paralytiques, les enfants perclus de leurs membres y étaient amenés en foule. La chapelle était ornée d'ex-voto attestant des guérisons merveilleuses. Le pèlerinage a encore lieu, mais l'affluence des malades a diminué avec la foi.

 

* Un camp romain, le plus vaste du Jura, destiné à protéger la route de Lyon au Rhin, occupait le sommet de la montagne de Sermus, qui s’élève au dessus de Baume comme un rempart inattaquable. C’est sur l’emplacement de ce camp que fut construit le château-fort destiné à protéger l’abbaye.

 

  • Quelques villages français du même nom :

  • Fay-sur-Lignon, Haute-Loire, Auvergne

  • Fay, Sarthe, Pays de la Loire

  • Fay-le-Clos, Drôme, Rhône-Alpes

  • Fay-les-Étangs, Oise, Picardie

  • Fay, Somme, Picardie

  • Fay, Orne, Basse-Normandie

  • Fay, 36230 Neuvy-Saint-Sépulchre

  • Fay, 77320 Choisy-en-Brie

  • Fay, 07270 Nozières

  • LE FAY (71) en Bresse, près de BEAUREPAIRE

 

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Date de dernière mise à jour : 17/12/2014